30.6.05

Dilemme


En dépit de la bonne fortune
Qui m’accompagne ces derniers temps.
J’ai les sens trop aiguisés,
Au point de décapiter net tous mes plaisirs.
Mon esprit a inventé une guillotine
Pour méninges surexcités.

Étrange perception du cœur à rire,
Et des yeux à pleurer.
J’ai cru un certain temps,
Que c’était des larmes de joie,
Mais non,
Je ne pleure jamais,
Pas même la moindre envie,
Jamais…

Etude symptomatique de ce qui m’arrive,
Torture émotionnelle,
Vibrant hommage du trop réfléchi,
Je n’ai de cesse que de comprendre,
Mais comprendre quoi ?
Pourquoi ne suis je le commun des mortels ?

Cueillir une fleur des champs,
Juste pour en respirer le parfum,
Sans me demander si j’en avais le droit,
Ses arômes m’enivrent,
Que déjà je souffre de l’avoir ainsi mutilée.

Mais qu’aurait donc fait le « sage » ?
Sûr, que sans la déraciner,
Il se serait penché sur ma fleur,
Pour se griser de ses senteurs,
M’accusant d’être l’étrangleur des fleurs.

Triste constatation …

… Mais il est vrai que je ne suis pas "sage".

27.6.05

la déchirure


Si t’aimer est faire aux Dieux offense,
Alors châtie moi encore de tes étreintes
L’enfer me semblera bien doux logis
Je m’en irai donc mourir dans les flammes de l’oubli …

… Ils ont donc réussi,
Ils ont déployé le malin dans ton cœur.
Hésitante, tu deviens dubitative
La passion deviendrait-elle fébrile ?

Il faut donc que je me résigne
L’ amour m’est inaccessible.
Laisse moi choisir le jour ou tu me renieras,
Je désignerai un quelconque jour d’averse,
Afin que l’ondée dissimule mes larmes
Ainsi, je n’affligerai ton âme d’aucun regret
Tu pourras te récuser sans déplaisir,
Puisqu’ils ont embrumé tes rêves …

Il me restera toujours une corde
Et ce vieux chêne,
À qui, le corps ballant,
Je traduirai mon affliction
… Et il me comprendra …

11.6.05

Rancoeur d'une femme trompée


Sur son lit de déveine
Le regard vide
Il n’a de cesse de considérer
Toutes ses catins
Que naguère il troussa

Mendiant la rédemption
À celle qu’il châtia
De toutes ses fourberies
Quand l’échine courbée
Par le trop lourd fardeau du passé
L’amant aux cent cœurs
Veut implorer pardon
Avant le trépas,
L’âme trop fausse
Déchiquetée par la vergogne
L’outrage dégoulinant encore
De sa flasque verge.
Elle ne peut que l’implorer
- Quitte ce monde que tu as sali !

Aujourd’hui, demain peut-être …
Sur son hypogée
Elle écrira son épitaphe :

« Passante, ne t’arrête pas, cet homme t’a humiliée … »