28.8.06

Parfums Vénusiens




Lorsque mon être devient source
Que ton barrage s’emplit de mon vivant
Troubles et sens faisant la course
Sur l’onde délicieuse naviguant

Alors je sens ce fleuve de rosées
Perler en labyrinthe de tes saveurs
Unique torrent où j’aime à me baigner
Tant ressac abonde d’idylliques senteurs

Laisse moi me délecter de tes arômes
Tes liqueurs goûter jusqu’à l’ivresse
S’il le faut j’irai jusqu’à l’aumône
Il n’est débauche qui tant me presse …

24.8.06

Etranges contorsions





En orée de bois
Les troncs se courbent de leur portée,
Se tortillent pour aspirer la progéniture
Qu’ils accouchent par les pieds.
Ils n’ont, penses-tu, pour seul amant,
Que l’audacieux soleil
Qui traverse de ses rais ardents
L’écorce meurtrie de contorsions.

Mais, incrédule, tu n’as rien vu !
Pourtant détrompe-toi
Les arbres aussi font l’amour.
Sous tes pieds se nouent leurs sexes,
Secrets ébats dans un lit de terre
Leur orgasme explose la couche,
Et pour mieux te tromper,
Buttes et mottes que tu devines taupières
Ne sont que feintises du coït rhizomien


Bientôt à la lune naîtra l’arbrisseau,
De quatre feuilles vêtu
Il te prouvera que sous lui, des parents s’aiment …

27.7.06

Intimes confessions


Mon sein se noie aux larmes de ses yeux
Je n’ai qu’unique éponge ; ce palpitant que l’on dit vieux
Il n’est partage plus doux que celui de ses maux
Il n’est partage plus fou que celui de sa peau
La douceur abonde dans le coït des cœurs
Quelconque tyrannie familière se fait tendresse
L’envoûtante trivialité déferle en sage ivresse
Les mains ne peuvent se joindre pour le credo
Les délicatesses sont dans l’essence des mots
L’étreinte se fait pour l’harmonie des sens
La charnelle blandice se revêt de convenance
Je n’ai d’autre dessein que d’apprivoiser une âme
Le reste n’est que fadaise et en rien je ne réclame …

9.7.06

Les traîne-misères


Hier encore le curé lisait son bréviaire,
La soutane boutonnée jusqu’à la gorge .
Souvenirs lointains, mais à ce point vivants
Que je sens encore l’odeur de l’encens
Dont il couvrait la bière des trépassés.
C’est que l’abbé aimait ses ouailles,
Surtout les vagabonds miséreux et autres hères
Qui peuplaient en nombre sa campagne,
Il leurs réservait aux funérailles,
une homélie pleine de sagesse,
le sermon du brave et du juste.
Quelques fois, il réussissait même à confesser,
juste avant le trépas, un de ces mendiants.
Ceux qui avaient péché par omission
Dont la seule tare était l’ignorance.
Il leurs offrait alors la rédemption,
sans imposer la moindre contrition.
L’ultime pénitence, était une faveur auprès du « seigneur »
La clé que eux seuls possédaient selon les saintes évangiles.
Il implorait ces va-nu-pieds de rendre compte de ses bienveillances.
Et mendiait de la sorte la place qu’il convoitait à la droite du « Père »
en leurs annonçant des jours plus prometteurs après la mort .
Comment lui en vouloir.
Il n’avait de cesse que de soigner les âmes perdues,
et savait à coup sûr, que celles de ces traîne-misères étaient pures.
Jamais les oubliés ne connaîtront la colère de Dieu.
Seuls seront punis les mécréants.
Il leurs était donc aisé d’implorer la grâce divine pour le bien-être de leur curé.
Quoi de plus humain, somme toute, de tirer profit de la niaiserie des incultes.
Evidemment, le statut donne des droits, à ceux qui possèdent le pouvoir.

Pourtant, je te le dis, curé, les peines que tu te donnes afin d’acheter ta place sont vaines
… le paradis n’existe pas …

20.4.06

Heureuse rencontre



L’amitié naît souvent dans la douleur…

Comme l’ondée déverse son trop plein d’eau,
Deux gouttes roulent sur une branche,
Se tâtent à bout de coulée,
Confluent sur le bourgeon.
L’union se gorge de la traîne,
Enflant tant, qu’elle finit par s’écraser au sol.
C’est dans l’explosion qu’exaltent leurs sentiments …


Merci pour tes superbes photos ma kmotra

16.3.06

Bam Da Ba Dam Di Doo


Les cordes de la Gibson se mettent à vibrer
S’en suit le râle sourd d’un tom
La porte du coeur s’entrouvre
L’oreille est aux abois, ouvre large ses pavillons

La pensée s’enivre aux senteurs orchestrales
Douce mélopée jouée sur quatre accords
Fondant la serrure des portes de ma geôle
Prison cérébrale en perte de barrières

La contre basse arrache un a un les barreaux de nuit
Déchire à coup de fa l’épais plafond de mon ennui
Le délire m’emporte dans de vastes plaines vierges
Les doigts du pianiste se meuvent à l’envolée sur le clavier

Chaque note résonne au carillon de ma félicité
Enveloppe mes sens de la douceur d’un souffle chaud
L’évasion de la morosité stérile est proche
Et je me soûle aux larmes dissonantes du jazz

Dièses et bémols sortis de la profondeur du Noir
Plus lumineux que l’incandescence d’une flamme
La paix envahi, à mesure que les notes pleurent
Mais il est vrai que le malheur des unes …

24.2.06

Parfum de mer




Alangui sur les sables chauds de dune
Un soir d’été, en quête de pénitence
L’œil scrutant la face cachée de la lune
Le visage perlé brûlant par l’impatience

Je nage dans les dédales du monde des fées
Où rêves et réalités ne font plus qu’un
Obligeant la magie troublante de la pensée
À faire des senteurs de mer ton doux parfum

J’exalte la transhumance des bonheurs enfouis
Cachés dans les recoins perdus de la raison
En quête d’images d’ELLE, tirées d’un vaste oubli
Transformant mes confuses catachrèses en sensation

L’insouciance méditative ouvre la corolle de la passion
Alors, je butine au mielleux nectar de nos ferveurs
Je me repais sans détour de tes « je t’aime » à foison
Jusqu’à bâfrer mon âme de tes exquises faveurs…


… Une main glisse sous ma chemise, le rêve m’a rattrapé.
Tu es là, et nous nous aimons …

10.2.06

Evasion secrète







Mes nuits sont audacieuses.
Elles m’inhibent dans un profond sommeil.
Alors que j’ai tant d’amour à partager.


Il ne me reste alors
Que l’abandon dans l’ombre du rêve.
Esthètes et chimères brisent alors la trêve des sages.


L’outrage aux mœurs exerce sans détour.
Ma courtisane s’adonne aux joies de la chair.
Alors que mes sentiments se gonflent d’insolence.


L’inventif nocturne est âpre.
S’en suit alors le froid réveil.
La peau soyeuse de l’amante d’un songe,
Qu’un temps je lissais du bout des doigts
Se transforme en drap froissé par les secrets ébats de nuit …

26.1.06

Chimères


... Dans l'antre de la tourmente j'ai déposé mon coeur
Afin que transcendant, un ange m'en lave les pleurs,
Je n'ai trouvé d'autre recours pour panser mon infortune
Si ce ne sont ces larmes que crache cette damnée plume ...

Le coeur déraciné de mes entrailles,
vidé de la sève ô combien vitale,
je m'abandonne à cette ombre,
afin d'exalter le substrat de mes décombres

Je n’ai de cesse que de rêver
Mert-Seger m’invite à l’envolée …
Comme , de quitter ce monde il n’est pas l’heure,
Il me reste en gage toutes mes torpeurs.


C'est dans l'utopie que je veux me reposer ...