
Les cordes de la Gibson se mettent à vibrer
S’en suit le râle sourd d’un tom
La porte du coeur s’entrouvre
L’oreille est aux abois, ouvre large ses pavillons
La pensée s’enivre aux senteurs orchestrales
Douce mélopée jouée sur quatre accords
Fondant la serrure des portes de ma geôle
Prison cérébrale en perte de barrières
La contre basse arrache un a un les barreaux de nuit
Déchire à coup de fa l’épais plafond de mon ennui
Le délire m’emporte dans de vastes plaines vierges
Les doigts du pianiste se meuvent à l’envolée sur le clavier
Chaque note résonne au carillon de ma félicité
Enveloppe mes sens de la douceur d’un souffle chaud
L’évasion de la morosité stérile est proche
Et je me soûle aux larmes dissonantes du jazz
Dièses et bémols sortis de la profondeur du Noir
Plus lumineux que l’incandescence d’une flamme
La paix envahi, à mesure que les notes pleurent
Mais il est vrai que le malheur des unes …